Maxime Pronovost

Les Lepage forment une famille de pêcheurs et d’artisans de la pêche depuis la fin des années 1800, dans la région. Ils sont actifs en pêchant, en opérant une poissonnerie et oeuvraient, auparavant, dans le monde de la restauration. Nous les avons rencontré pour dresser leur portrait.

Quatre générations de Lepage ont donc pêché les eaux de la Baie Georgienne pour nourrir la population. Bernie Lepage nous disait quant à l’héritage familial : « mon grand-père était forgeron à Penetang quand il a commencé à aller pêcher (professionnellement). Après, mon père, moi, et maintenant Jacques (son fils) on est nés sur le bateau, c’est notre vie ».

Comme le métier de pêcheur est saisonnier, ils se doivent d’en tirer profit au maximum. Bernie, Jacques et leur employé quittent habituellement le port de la Baie du tonnerre vers 6h du matin, avant de revenir avec une variété de poissons vers les 15h, 7 jours par semaine, à condition que la météo soit adéquate. Ils procèdent à la pêche commerciale dès que c’est possible au printemps jusqu’en octobre.

Cette année, selon Bernie, les poissons ont été plus difficiles à trouver: « Avec le printemps qu’on a eu, les poissons s’en allaient partout, comme la baie prenait du temps à réchauffer, ils s’éparpillaient. Quand c’est plus chaud, c’est plus facile de les trouver (puisque les poissons modifient leur trajectoire selon la température de l’eau, ils cherchent le froid) ».

Au fil des années, les Lepage ont du acheter plusieurs embarcations pour pouvoir sortir au quotidien et aller pêcher aux filets: « Avec mon père (Henry), on a eu comme premier bateau de pêche le Bernard Henry, mais c’est aujourd’hui avec le Laurie E. qu’on sort pêcher ». L’embarcation des Lepage, le Laurie E., fonctionne toujours avec un moteur au diésel, réputé pour sa longévité. La construction du bateau de fer, elle, date de 1955: « (le bateau) il est aussi vieux que moi, c’est une année en or, ça porte chance (rire). […] Tout se répare là-dessus, c’est le gros avantage d’avoir le Laurie E., s’il perce, on va le souder, c’est simple et c’est efficace. On est pratiquement capable de tout faire ».

Chaque année, un permis de pêche commerciale du Ministère des ressources naturelles et des forêts de l’Ontario permet aux Lepage de faire partie de cette industrie qui ramène près de 26 millions de livres de poissons par année. Cette même industrie rapportait 234 millions de dollars dans l’économie Ontarienne, en 2011. Actuellement, nous comptons plus de 500 permis de pêche commerciale actifs sur le territoire ontarien.

Passer des eaux à la poissonnerie

Bernie débarque de son bateau chaque après-midi avec la récolte du jour qu’il livre à la poissonnerie. Tous les poissons sont filetés sur place, vendus frais, congelés, ou même fûmés. C’est le moment où Irene prépare avant de vendre le doré, le poisson blanc, et la truite de lac. Plusieurs épices et produits locaux sont aussi offerts sur place.

Irene Ferguson nous expliquait que la qualité de leur poisson en vaut le détour: « La meilleure publicité que nous pouvons avoir, c’est le bouche à oreille. Des gens entendent parler de la fraîcheur et de la qualité de ce qu’ils ont dans l’assiette, ils viennent une première fois et ne veulent plus acheter ailleurs! ». Elle ajoutait: « Ça nous arrive d’avoir des gens de Toronto qui viennent chez nous et qui nous demandent jusqu’à 500 livres de poisson frais, on espère toujours répondre à la demande, parfois ça nous prendra quelques jours de préparation, mais si on nous laisse le temps, on va faire tout en notre possible pour accommoder notre clientèle ».

NDLR: Au moment de terminer l’entrevue avec Irene, une dame est entrée pour y acheter de la truite fraîche, elle disait: « J’ai vu leur bateau arriver au quai de la baie, quand le bateau vient accoster à 15h, je pars de mon chalet pour venir à la poissonnerie, je veux avoir le meilleur choix, le poisson ne peut pas être plus frais, on le voit arriver, on le voit être préparé. Ça fait vingt ans que je viens ici, les Lepage sont devenus des amis ».

Le restaurant de Grand-Père Henry

En 1978, Grand-père Henry a ouvert son restaurant à l’archipel Sans Souci (à l’île Frying Pan, située à 21 km à l’Ouest de Parry Sound). le Henry’s Sans Souci est uniquement accessible par bateau ou hydravion. Une fois la réputation faite, le restaurant a été vendu à l’entrepreneur Paul Elliott, qui l’a opéré durant plus de 25 ans avant de le revendre à son tour. C’est maintenant au tour des Larocque d’en avoir pris possession en 2018.

Publicités

Publié le 1 août 2019, dans Archives. Bookmarquez ce permalien. Commentaires fermés sur .

Les commentaires sont fermés.

%d blogueurs aiment cette page :