Archives Mensuelles: juin 2020

Des marinas qui sortent des sentiers battus

Basile Dorion est le capitaine de l’embarcation. Il a fait la première tournée avec le vice-président de l’entreprise, Derek Lubert.

Les bateaux ont pris place sur les eaux de l’Ontario et leurs passagers profiteront du beau temps enfin arrivé pour les prochains mois. Dans le sud de la baie Georgienne, la compagnie Maple Leaf Marinas, qui opère sept marinas, a introduit un service consistant à apporter de la glace et des gâteries gratuitement, par pure courtoisie, aux plaisanciers éparpillés dans les petits coins de la baie. Une première distribution le samedi 6 juin a prouvé que cette galanterie, en plus de ravir les gens, sera un outil de marketing astucieux.

_______________________

Joëlle Roy — Initiative de journalisme local – APF – Ontario

L’entreprise Maple Leaf Marinas, propriétaire notamment de quatre marinas dans la baie Georgienne et d’une autre sur le lac Simcoe, a initié cette approche de courtoisie auprès de sa clientèle et de quiconque se retrouve sur l’eau le samedi après-midi.

Ils ont embauché Basile Dorion, un habitué de ces eaux, pour faire la distribution tous les samedis. «Je ferai aussi ma run les dimanches de longue fin de semaine. On peut voir que les gens vont m’attendre!» La première tournée exploratoire a été un franc succès et le service est extrêmement apprécié.

Une mission utilitaire

Le bateau utilisé brille comme un sou neuf. En plus d’être mignon, il a des propriétés utilitaires : c’est un bateau assez puissant pour remorquer une embarcation en détresse.

En fait, c’est sa mission première. Basile pourra apporter de l’essence aux bateaux en panne ou encore charger une batterie à plat. «C’est un petit bateau, mais le moteur est puissant. Il n’aura aucun problème à remorquer des grosses embarcations», confie le capitaine.

Son devant plat, avec une portière qui se transforme en pont au besoin, permet en plus d’embarquer de petits véhicules comme un VTT. C’est sur cette même plate-forme que l’on retrouve les glacières pour la glace et les friandises.

Basile Dorion a apprivoisé cette nouvelle embarcation avec beaucoup de plaisir. Lui qui connaît la baie comme le fond de sa poche sait exactement où aller pour retrouver les agglomérats de bateaux qui jettent l’ancre dans de beaux petits coins paradisiaques pour y passer la fin de semaine. Parmi les racoins visités en ce magnifique samedi : les baies Frying Pan, Chimney et Honey Harbour.

Un appât alléchant

Les dirigeants de la compagnie Maple Leaf Marinas sont conscients qu’il leur sera impossible de desservir seulement les clients de leurs marinas, mais cette gracieuseté pourra servir d’appât pour les navigateurs qui apprécient les petits soins complémentaires.

Ces attentions font parfois toute la différence pour des clients, qui pourraient choisir une marina soucieuse des petits bonheurs de ses clients.

Maple Leaf Marinas a compris l’importance de la qualité d’un service à la clientèle. Ils font affaire à des gens fortunés qui ont les moyens de choisir. Plus de 700 bateaux sont logés dans la marina Wye de Midland. Cette dernière a déjà été la plus importante marina en Ontario.

Finalement, cette compagnie de marinas fait partie d’un club international. Ainsi, les gens qui y adhèrent pour un abonnement annuel peuvent louer un bateau dans n’importe quelle marina faisant partie de ce club sélect. Le concept a été mis à l’épreuve ailleurs sur la planète, mais en Ontario, le service s’installe à peine. Peut-être à venir dans une marina près de chez vous!

Des vignes et des oiseaux

C’est dans «le sentier des oiseaux» que l’on retrouve Père Justin Desroches. Ce sentier est situé derrière le cimetière de la paroisse Sainte-Croix. On y retrouve une grande quantité de vignes de raisins que Père Justin a pour mission d’entretenir.

Claudette Paquin

Le confinement n’a pas arrêté les projets du Père Justin Desroches, curé de Lafontaine à la retraite et maintenant résident du Villageois, situé sur un terrain/parc de quelque 40 acres en plein cœur du village de Lafontaine.

Ce terrain jouxte celui de la paroisse où, au fond du cimetière, on retrouve un joli boisé, relativement jeune si on tient compte de la grosseur des arbres qui s’y trouvent.

Ce printemps, le père Justin se promène dans ce boisé et décide d’y tracer un sentier et ainsi profiter pleinement de la nature et du chant des nombreux oiseaux qui y nichent. Il le nomme d’ailleurs « le sentier des oiseaux », et il y installe plusieurs jolies cabanes d’oiseaux.

Ce faisant, il découvre de vieilles vignes, laissées à l’abandon, plantées on ne sait par qui ni quand, et qui courent aujourd’hui un peu partout dans ce boisé. Ah ha! Voici un mystère à résoudre… Le père Justin a sa petite théorie sur l’implantation des vignes en sol canadien-français et il l’exprime par ce petit poème de son cru :

Les origines de la vigne

Louis Hébert

Savez-vous qu’à Lafontaine

Il y a une vigne,

Une vigne inconnue

Une vigne qui dépasse

le temps

Une vigne qui a oublié

le temps.

Une vigne qui ressurgit dans

le temps.

Quelle vigne vous me direz?

Une vigne dont on ignorait

son origine.

Le temps et sa sagesse révèlent dans le temps

Les mains du transporteur et

de l’ingénieur.

Louis Hébert, grand travailleur et cultivateur.

Transportait dans son sac à dos cette plante magique.

Une plante dont le fruit

pouvait réjouir et faire chanter les cœurs.

Venue d’un autre pays,

Ensemencée dans

une terre étrangère

Cette vigne n’a jamais perdu

sa vigueur et son chant.

Elle produit encore son fruit.

Pour la trouver il faut prendre

Le Sentier des Oiseaux

À Lafontaine,

au pays des Hurons.

En effet, si Louis Hébert a apporté des vignes de France au Québec, les aïeux de Lafontaine sont venus de ces villages, Batiscan, Joliette, Ham-Sud, etc. Les prêtres venus dans notre coin pour y amener des colons, ont possiblement apporté des vignes et autres types de récoltes.

Le père Justin nous renvoie au site web :

https://www.laterre.ca/actualites/histoire/louis-hebert-lagriculture

Depuis ce printemps, le père Justin émonde plusieurs des vieilles vignes dans le boisé, nettoie autour pour leur donner accès au soleil, et en coupe des pousses qu’il retransplante dans le jardin du Villageois. Il a aussi donné des jeunes pousses à son frère André. Beau partenariat en vue d’une petite cuvée locale!

Partout en Ontario, les voix s’élèvent pour dénoncer le racisme!

Plusieurs centaines de personnes sont descendues dans les rues de Barrie le 4 juin dernier pour manifester leur dégoût du racisme systémique ici comme aux États-Unis.

La mort de George Floyd aux mains de policiers de Minneapolis a suscité la grogne aux États-Unis, mais aussi au Canada. La situation criante chez notre voisin du Sud fait écho à plusieurs endroits, qui regardent droit dans les yeux leurs propres problèmes de discrimination raciale. En Ontario, les dernières semaines ont été le théâtre de nombreuses manifestations dont à Sudbury, Toronto, Ottawa, Timmins et Barrie. Interpellées par la persistance de cette situation odieuse, plusieurs personnes sont sorties dans les rues.

_______________________

Joëlle Roy — Initiative de journalisme local – APF – Ontario

Le jeudi 4 juin, des centaines de personnes se sont rassemblées devant l’hôtel de ville de Barrie avec pancartes, slogans et masques pour revendiquer des mesures devant un racisme systémique.

La foule, très majoritairement milléniale, a déambulé dans les rues du centre-ville pour descendre à la Place Meridian, où le témoignage de plusieurs intervenants a ému les participants. La plupart d’entre eux portaient un masque pour éviter la propagation de la sournoise COVID-19.

À chacun son histoire

De façon générale, les motivations des participants du sud du comté de Simcoe ressemblent à celles de tous les manifestants à travers le monde : décrier un racisme persistant qui ne semble pas perdre de force en cette deuxième décennie du 21e siècle. Les pancartes dénonçaient la violence des interventions policières, l’injustice devant les communautés marginalisées et, bien sûr, la scandaleuse mort de Floyd.

Mais en plus du sentiment général d’injustice, chacun a sa petite histoire qui a nourri la protestation.

Une manifestante, Rosalyn Baron d’Alliston, était présente avec son fils Isaiah. Femme blanche, mère d’un jeune adolescent noir, elle souhaiterait pour son enfant un monde exempt d’inégalités raciales. «Nous sommes ici pour que ça change, parce que le silence, c’est l’ignorance. Que certaines personnes soient aussi mal traitées, de nos jours, c’est dégueulasse et ça doit arrêter!» revendique la mère de famille.

À Barrie, ville du centre de l’Ontario, la population est majoritairement blanche. Mais la proximité de la Ville reine, Toronto, fait en sorte que le multiculturalisme y prend racine et que les minorités visibles sont de plus en plus présentes. Ainsi, les participants à la manifestation représentaient bien la mosaïque canadienne dont se targue le pays. Plusieurs personnes ont maintenant un proche, un ami, des collègues pour qui ils désirent que justice soit faite.

Huit minutes et

quarante-six secondes

Une autre participante blanche, Francine Thibault, s’est jointe au mouvement parce qu’elle se sent intimement concernée par ce qu’il revendique. Ses cousins, noirs, ont grandi à Sudbury et depuis leur enfance, ils y ont subi diverses formes de discriminations.

Leur déménagement à Toronto n’a guère amélioré la situation. Les cousins, devenus à leur tour parents, ont des enfants qui vivent des situations encore trop similaires. «C’est ma famille, donc ça me touche de près. Il faut que ça change», confie la jeune femme.

Bien loin de la violence, c’est l’émotion qui a ébranlé les berges du lac Simcoe alors que la foule déposait un genou par terre pendant huit minutes et quarante-six secondes. C’est la durée pendant laquelle George Floyd a été tenu à terre par le genou du policier Derek Chauvin.

Deux jours plus tard, une autre manifestation a eu lieu au même endroit. Les manifestants affirment être tenaces et qu’ils ne cesseront pas de se faire entendre jusqu’à ce qu’une justice quelconque ne soit finalement accordée.

L’aéroport de la Huronie : tant à découvrir!

Michael Heintz, vendeur à l’international pour Zenair, devant un de leurs modèles d’avions de plaisance.

Joëlle Roy

L’aéroport de la Huronie est assurément un trésor caché du nord de Simcoe. Nous allons en faire un tour de piste superficiel puisque l’étendue de ses services et les possibilités pourraient faire l’objet d’un petit livre. En plus de ce regard général, nous allons zoomer sur une de ses tentacules qui s’appelle Zenair.

L’aéroport en question appartient aux trois municipalités de Penetanguishene, Midland et Tiny. Ce sont des représentants provenant des trois propriétaires qui composent le conseil d’administration. C’est à eux que se rapporte le gérant, Adam Rigden, un des deux employés à plein temps qui coordonnent toute l’activité se déroulant à la Huronia Airport.

Le financement municipal ne représente qu’un tiers du budget. Pour le reste, l’aéroport doit prélever des profits qui comblent les fonds nécessaires pour le bon fonctionnement. Le gérant nous assure qu’ils parviennent toujours à équilibrer le budget.

Quels sont ces nombreux services logés sur cet immense espace? Plusieurs sociétés s’y retrouvent; ce qui représente de la location d’espace et de bâtiments. Parmi ces sociétés, Zenair, designer et fabricant de trousses pour la construction d’avion de plaisance. Son responsable des ventes à l’international, Michael Heintz, m’offre la tournée des maîtres de cet entreprise qui embauche dix-huit employés.

Zenair : avions récréatifs

Zenair met en marché des dessins et des pièces pour quiconque veut construire son propre avion. Certains achètent les plans et construisent leurs pièces. D’autres se procurent les pièces et assurent l’assemblage. Il y a aussi une trousse dont les pièces sont rassemblées partiellement et l’assemblage en est facilité. Le prix est relatif au niveau de travail que se réserve l’acheteur. La trousse dite standard, coûte dans les environs de 25 000$.

Si nous connaissons si peu et si mal cette compagnie, c’est peut-être parce que 95% de ses ventes partent à l’étranger. Cette semaine, par exemple, cinq avions récréatifs seront livrés en Afrique du Sud.

À elle seule, la compagnie Zenair occupe deux grands hangars; un pour les pièces faites de fer et l’autre pour la fibre de verre. La location de ses hangars fait partie des revenus de l’aéroport de la Huronie.

Autres locataires

En fait, on qualifie de parc industriel l’ensemble des compagnies sur le territoire. En voici quelques exemples. AFM (Aircraft Floats Manufacturing) construit des flotteurs pour transformer les petits avions en hydravion. Son emplacement sur les berges de la baie Georgienne est idéal pour desservir la clientèle qui s’envole sur une des 30 000 îles. Aircraft Sales est concessionnaire d’avions. Une autre compagnie répare les avions.

Trois écoles de pilotage utilisent l’aéroport quoiqu’aucune d’entre elles n’y soient basées. La location de hangar se fait sous deux modèles : certains louent un hangar pour y entreposer leurs jouets (avion, motocyclette, motoneige, roulotte…). D’autres louent un terrain et y construisent leur propre hangar. Bref, l’utilisation d’espace ou de services représente les deux tiers des revenus que la Huronia Air-port doit prélever.

L’importance de la présence d’un aéroport, aussi petit soit-il, est celui de pourvoir aux services essentiels. Les services de santé, les services carcéraux, la Défense nationale, entre autres, peuvent y faire le plein d’essence. On peut comparer l’aéroport à une marina des airs. Ceci est aussi une source de revenus.

Le lien de l’aéroport avec la communauté est aussi d’une importance surprenante. Des clubs s’y retrouvent tel que le Midland District Railroad Club qui organise un événement annuel fort populaire. On y retrouve également un club nommé le Recreational Aircraft Association of Canada, Midland Huronia Chapter. Les groupes s’y rencontrent et utilisent la salle de conférence pour leurs rencontres. Une aire de pique-nique permet les barbecues et les rencontres communautaires.

Ce bref survol témoigne de l’importance de ce petit aéroport qui est d’une grande importance pour le nord de Simcoe. Le gérant, Adam Rigden explique avec éloquence les possibilités de développement. Bien sûr, dame Covid-19 a mis un frein temporaire aux projets. S’il n’eut été de la pandémie, un nouveau comptoir-resto desservirait les visiteurs. Le projet est sur la glace le temps qu’une normalité revienne. En plus, une toute nouvelle piste d’accès permet de desservir dix autres hangars.

Monsieur Rigden en profite pour exprimer son souhait de voir la communauté utiliser ce trésor local que ce soit pour y organiser une rencontre familiale, un mariage, un anniversaire ou encore une association qui y organise son assemblée générale annuelle dans sa salle de réunion ou dans son aire de pique-nique.

Le Huronia Airport est un trésor local caché qui ne souhaite qu’à être découvert!

Hospice Huronie accueille

On retrouve Debbie Kesheshian, directrice de Hospice Huronie, dans une chambre située dans le nouvel édifice de l’avenue Fuller à Penetanguishene.

Maxime Pronovost

Hospice Huronie a déménagé dans ses nouveaux bureaux au 948 de l’avenue Fuller, le 16 avril. Construire le nouvel hospice, la Maison Tomkins, permettait d’améliorer la qualité des services et des soins, en plus de pouvoir mieux accueillir les familles. La nouvelle construction se voulait une promesse de métamorphoser totalement l’expérience pour les patients et de les assurer d’un réconfort au moment où il en ont le plus besoin.

Chose promise, chose dûe

Au premier coup d’oeil, on note un nouvel emplacement bien éclairé, fraîchement équipé et qui offre un espace confortable pour y recevoir jusqu’à 5 patients alités et leurs proches. Debbie Kesheshian, directrice des lieux, nous montrait les dernières technologies, qui permettent de mieux conforter les patients: « Une salle de bain adaptée a été construite et est équipée d’une baignoire qui favorise le confort des patients, pour eux, le confort c’est primordial, on veut s’assurer que tout soit fait pour rendre la vie le plus paisible possible aux patients qui sont chez nous, nos infirmières sont excellentes pour ça et on a maintenant l’équipement pour le faire ».

L’objectif du nouvel hospice était également de permettre de rapprocher les familles: « Les chambres sont équipées de lits adaptés pour les patients en fin de vie, mais également équipées d’un lit escamotable pour des accompagnateurs, il y a aussi un écran géant, qui permet un accès à Zoom, pour mieux rejoindre les membres de la famille les plus éloignés ».

Une cuisine suffisamment grande offre un espace pour y faire des soupers et servir les familles autour d’une grande table. Le tout est équipé pour cuisiner sur place.

Chaque lit des patients est monté sur roues et peut être sorti à l’extérieur, pour y profiter du beau temps, l’entretien paysager rend l’endroit paisible et agréable.

Déménagement pendant

la pandémie

De déménager durant la pandémie a apporté son lot de défis à l’organisation. Les derniers moments de vie en compagnie de la famille doivent demeurer sécuritaires pour le personnel d’Hospice Huronie et pour les familles accompagnatrices: « […] les bénévoles ne peuvent être présents sur les lieux depuis la mi-mars. Pour assurer la sécurité des lieux, la température des visiteurs est prise à l’aide d’un thermomètre infra-rouge. Le plus grand défi aura été de trouver des masques, comme on n’a pas de fournisseurs, heureusement que l’Hôpital général de la Baie georgienne est venu nous prêter main forte, maintenant nous ne manquons plus de masques ».

C’est en visitant Hospice Huronie qu’on constate que l’organisation a effectué un tournant vers l’avenir, un tel investissement n’aurait été possible sans les nombreux dons du public, qui financent les opérations de l’hospice à 85%.

Visitez hospicehuronia.ca pour y connaître les dernières nouvelles concernant les programmes offerts à la Maison Tomkins.